Vous comparez plusieurs devis de pompe à chaleur air-eau et chaque plaquette commerciale met en avant un COP différent : 4,2 chez l'un, 5,1 chez l'autre. Pourtant, ce chiffre ne figure sur aucun critère d'éligibilité aux aides, et il ne reflète pas la performance réelle de la machine en hiver. L'indicateur qui conditionne MaPrimeRénov' et les CEE depuis le 1er janvier 2026, c'est l'ETAS : un chiffre différent, mesuré autrement, et qui distingue deux seuils selon le type d'émetteurs installés chez vous. On vous explique comment lire la vraie performance d'une PAC, repérer le bon indicateur sur une fiche technique, et vérifier que la machine proposée déclenche bien vos droits.
Que mesure réellement le COP d'une pompe à chaleur et pourquoi il ne suffit pas
Un chiffre de laboratoire mesuré à +7 °C et 35 °C
Le COP, coefficient de performance, mesure le rapport entre la puissance thermique restituée et l'électricité consommée par la pompe à chaleur, dans des conditions fixées par la norme EN 14511. Ces conditions sont précises : +7 °C à l'extérieur, +35 °C pour l'eau du circuit de chauffage. Un COP de 4,5 signifie que pour 1 kWh d'électricité consommé, la machine produit 4,5 kWh de chaleur. Ce point de mesure unique, noté A7/W35 (air à 7 °C, eau à 35 °C), correspond à une journée de mi-saison ensoleillée, pas à l'hiver. La norme prévoit aussi d'autres points de mesure, à -7 °C ou +2 °C, mais le COP commercial affiché sur une plaquette correspond presque toujours au cas le plus favorable, c'est-à-dire +7 °C : le rendement le plus élevé, celui qui valorise le mieux la machine.
Le problème, c'est que vous n'achetez pas une pompe à chaleur pour chauffer en mars à 15 °C dehors. Vous l'achetez pour remplacer une chaudière fioul ou gaz et couvrir la totalité de vos besoins de chauffage de novembre à mars. Or, plus la température extérieure baisse, plus le COP diminue : la même machine qui affiche 4,5 à +7 °C peut descendre à 2,8 à -7 °C. Le COP ne donne qu'une photographie instantanée, à une température donnée. Il ne dit rien de la performance moyenne sur une saison.
Pourquoi un COP de 5 ne garantit rien en hiver en Isère
Dans le secteur de La Tour-du-Pin, aux portes des Terres Froides, la température de base retenue pour le calcul des déperditions d'un logement est négative : on dimensionne le chauffage pour tenir la maison au chaud même quand il fait -8 °C dehors pendant plusieurs jours. Or, à cette température, le COP à +7 °C ne signifie plus rien. Une machine qui affiche un COP de 5,2 à +7 °C peut passer sous 3 à -7 °C, voire nécessiter l'appoint électrique de résistances si elle n'a pas été correctement dimensionnée. Le COP commercial est donc le pire indicateur pour comparer deux devis : il valorise une condition qui ne correspond ni à l'hiver, ni à la vraie consommation annuelle de la pompe à chaleur.
Sur ce type de maison, on rencontre souvent des radiateurs en fonte dimensionnés pour de l'eau à 70 °C. Avec une pompe à chaleur, on chauffe désormais à 45 ou 55 °C, ce qui améliore le COP par rapport à une température de départ plus élevée. Mais le gain ne se voit que sur toute la saison, pas sur un point de mesure unique. C'est là qu'intervient le SCOP.
SCOP : le rendement saisonnier qui intègre vos vraies conditions de chauffe
Comment le SCOP pondère quatre températures réelles
Le SCOP, coefficient de performance saisonnier, est défini par la norme EN 14825. Il ne mesure plus la performance à un seul point, mais calcule une moyenne pondérée sur quatre températures extérieures représentatives d'une saison de chauffe complète : -7 °C, +2 °C, +7 °C et +12 °C. Chaque point de mesure se voit affecter un poids statistique qui reflète le temps passé à cette température dans la zone climatique considérée. En Europe, on distingue trois zones climatiques de référence : Helsinki (climat froid), Strasbourg (climat moyen), Athènes (climat chaud). La majorité des fiches techniques publient le SCOP calculé pour la zone moyenne, celle de Strasbourg, qui correspond le mieux au climat de l'Isère.
Le calcul du SCOP intègre aussi les consommations parasites que le COP ignore : les cycles de dégivrage du module extérieur, la consommation du circulateur d'eau, la veille du régulateur. Ces consommations ne produisent pas de chaleur utile, mais elles pèsent sur la facture. Le SCOP divise l'énergie thermique totale produite sur la saison par l'énergie électrique totale consommée, y compris ces auxiliaires. Le résultat est donc toujours inférieur au COP : une machine qui affiche un COP de 4,8 à +7 °C affiche un SCOP de 4,0 à 4,2 en climat moyen.
Ce que le SCOP prend en compte en plus du COP
Le SCOP intègre les phases de fonctionnement réel que le COP occulte : le démarrage à froid, le dégivrage de la batterie extérieure quand l'humidité gèle, la régulation qui fait varier la puissance pour suivre la demande de chauffage. Le COP est mesuré en régime stabilisé, après plusieurs heures de fonctionnement continu à puissance fixe. Le SCOP, lui, reflète le pilotage réel de la machine, avec ses arrêts et redémarrages quotidiens. Il pondère aussi le temps passé à chaque température : une saison de chauffe passe beaucoup plus de temps à +7 °C ou +2 °C qu'à -7 °C, et cette pondération se retrouve dans le calcul.
Le SCOP se lit sur la fiche technique du fabricant, sous la forme d'un chiffre accompagné de la zone climatique : « SCOP = 4,1 (climat moyen) ». Certaines fiches publient aussi le SCOP pour les trois zones. Pour l'Isère, le climat moyen correspond bien à la réalité : les hivers sont plus froids qu'à Lyon, mais moins rigoureux qu'en Savoie. Ce SCOP reste un indicateur de comparaison entre machines, mais il ne conditionne pas directement les aides. Pour cela, la réglementation européenne a créé un troisième indicateur : l'ETAS.
Les trois zones climatiques européennes et leur impact
La norme EN 14825 définit trois zones climatiques pour calculer le SCOP : Helsinki, Strasbourg et Athènes. Chacune se caractérise par une température de base et une distribution statistique du nombre d'heures passées à chaque température de l'air extérieur pendant la saison de chauffe. Helsinki représente un climat continental rigoureux, avec une saison longue et froide. Athènes représente un climat méditerranéen doux, où le chauffage est sollicité peu de mois par an. Strasbourg représente un climat continental tempéré, qui correspond bien à la majeure partie de la France métropolitaine, y compris l'Isère.
Un même modèle de pompe à chaleur affiche trois valeurs de SCOP différentes selon la zone : le SCOP est plus élevé en climat chaud qu'en climat froid, car la machine fonctionne davantage à des températures où son rendement est bon. Pour comparer deux devis, vérifiez toujours que les SCOP cités correspondent à la même zone climatique. Si un installateur vous cite un SCOP à Athènes pour valoriser sa machine, demandez le SCOP à Strasbourg : c'est celui qui reflète vos conditions réelles.
ETAS : l'indicateur qui conditionne MaPrimeRénov' et les CEE en 2026
La définition règlementaire de l'ETAS selon le règlement UE 813/2013
L'ETAS, efficacité énergétique saisonnière, est défini par le règlement européen n° 813/2013 relatif à l'écoconception des dispositifs de chauffage. Il convertit le SCOP en un indicateur d'énergie primaire, exprimé en pourcentage. Le calcul part du SCOP, le divise par 2,5 (coefficient de conversion de l'électricité en énergie primaire retenu par la réglementation européenne), puis le multiplie par 100. Une pompe à chaleur qui affiche un SCOP de 4,0 affiche donc un ETAS de 160 % (4,0 ÷ 2,5 × 100 = 160 %). Ce seuil de 2,5 reflète l'idée qu'il faut en moyenne 2,5 kWh d'énergie primaire (gaz, charbon, uranium) pour produire 1 kWh d'électricité livrée chez vous. En comparant l'ETAS d'une PAC avec celui d'une chaudière gaz (autour de 90 %), on compare des appareils sur une base commune : l'énergie primaire consommée pour chauffer le logement.
L'ETAS sert de référence pour l'étiquette énergétique ErP, obligatoire depuis 2015 sur toutes les pompes à chaleur vendues en Europe. Cette étiquette classe les appareils de G (les moins performants) à A+++ (les plus performants). Depuis le 1er janvier 2026, l'ETAS conditionne aussi l'éligibilité aux aides françaises : MaPrimeRénov' et les certificats d'économies d'énergie (CEE) exigent désormais des seuils d'ETAS minimaux, différents selon le type d'application de la pompe à chaleur.
Les seuils d'ETAS obligatoires par type d'application
La fiche CEE BAR-TH-171, applicable depuis le 1er janvier 2026, distingue deux seuils d'ETAS selon que la pompe à chaleur fonctionne en basse température ou en moyenne et haute température. Pour une application basse température, l'ETAS doit être supérieur ou égal à 126 %. Pour une application moyenne ou haute température, l'ETAS doit être supérieur ou égal à 111 %. Ce qui détermine l'application, c'est le type d'émetteurs installés dans le logement, pas la température de départ maximale de la machine.
On parle d'application basse température quand le chauffage est assuré uniquement par un plancher chauffant, un plafond chauffant ou un mur chauffant. Ces émetteurs fonctionnent à basse température (typiquement 30 à 40 °C) et occupent de grandes surfaces d'échange. On parle d'application moyenne ou haute température dans tous les autres cas : radiateurs acier ou fonte, association d'un plancher chauffant et de radiateurs, ou dès que la pompe à chaleur produit aussi l'eau chaude sanitaire. Cette dernière exige une température de ballon de 50 à 55 °C, ce qui classe automatiquement l'installation en moyenne ou haute température, même si le chauffage se fait par plancher.
Basse température vs moyenne et haute température : attention à ne pas inverser
Le piège contre-intuitif, c'est que le seuil le plus élevé (126 %) s'applique à la basse température, et le seuil le plus faible (111 %) à la moyenne et haute température. On pourrait penser l'inverse : une machine qui chauffe à 55 °C devrait exiger plus de performance qu'une machine qui chauffe à 35 °C. Mais la logique de la réglementation est celle du potentiel d'économies : une installation basse température offre les meilleures conditions de fonctionnement pour la PAC, donc on exige d'elle qu'elle atteigne un SCOP très élevé (au moins 3,15, ce qui donne 126 % d'ETAS). Une installation moyenne ou haute température impose des contraintes thermiques plus fortes à la machine, donc on accepte un SCOP plus modeste (au moins 2,78, ce qui donne 111 % d'ETAS).
En pratique, sur un devis, vous devez vérifier deux choses : quel type d'émetteurs l'installateur prévoit de conserver ou d'installer, et quel ETAS la machine affiche pour l'application correspondante. Si vous remplacez une chaudière fioul et conservez vos radiateurs en fonte, vous êtes en moyenne ou haute température : il vous faut une PAC avec un ETAS ≥ 111 % à 55 °C. Si vous faites poser un plancher chauffant neuf dans toute la maison et rien d'autre, vous êtes en basse température : il vous faut une PAC avec un ETAS ≥ 126 % à 35 °C. Inverser les deux seuils conduit soit à refuser une machine conforme, soit à payer plus cher une machine surdimensionnée sans raison.
COP, SCOP, ETAS : tableau comparatif des trois indicateurs
- COP : Norme de mesure : EN 14511 · Conditions de mesure : Point unique : +7 °C air, +35 °C eau (A7/W35) · Ce qui est pris en compte : Puissance thermique / puissance électrique en régime stabilisé · Ce qui est exclu : Dégivrage, circulateur, veille, conditions hivernales · Valeur typique (air/eau) : 4,0 à 5,5 · Utilité pour comparer des devis : Faible : ne reflète qu'une condition favorable · Rôle dans les aides : Aucun : n'est pas un critère d'éligibilité
- SCOP : Norme de mesure : EN 14825 · Conditions de mesure : Quatre températures pondérées : -7 °C, +2 °C, +7 °C, +12 °C · Ce qui est pris en compte : Énergie thermique saisonnière / énergie électrique totale, incluant dégivrage et auxiliaires · Ce qui est exclu : Rien : c'est un bilan annuel complet · Valeur typique (air/eau) : 3,5 à 4,5 · Utilité pour comparer des devis : Bonne : reflète la performance moyenne réelle · Rôle dans les aides : Indirect : sert au calcul de l'ETAS
- ETAS : Norme de mesure : Règlement UE 813/2013 · Conditions de mesure : Dérivé du SCOP : (SCOP ÷ 2,5) × 100 · Ce qui est pris en compte : Tout ce que le SCOP prend en compte, converti en énergie primaire · Ce qui est exclu : Rien : c'est l'indicateur le plus complet · Valeur typique (air/eau) : 140 à 180 % · Utilité pour comparer des devis : Excellente : c'est le seul indicateur réglementaire · Rôle dans les aides : Direct : conditionne MaPrimeRénov' et les CEE depuis le 01/01/2026
Ce tableau montre pourquoi le COP commercial est le pire outil de décision : il ignore tout ce qui détermine la consommation réelle d'une pompe à chaleur. Le SCOP corrige cet angle mort en intégrant toute la saison, et l'ETAS le convertit dans l'unité qui sert de référence aux aides. Pour comparer deux devis, ne regardez que l'ETAS : c'est lui qui garantit que la machine déclenche vos droits, et c'est lui qui reflète le mieux la performance annuelle.
Où lire l'ETAS et le SCOP sur une fiche technique de pompe à chaleur
L'étiquette énergétique ErP et la classe A+++ à G
Toute pompe à chaleur vendue en Europe depuis 2015 doit afficher une étiquette énergétique ErP (Energy-related Products), comparable à celle des réfrigérateurs ou des lave-linge. Cette étiquette classe l'appareil de G (efficacité la plus faible) à A+++ (efficacité la plus élevée), en fonction de son ETAS. Vous la trouvez sur la documentation commerciale du fabricant, souvent reproduite sur le devis. La classe énergétique ne suffit pas : deux machines classées A++ peuvent avoir des ETAS différents (par exemple 155 % et 165 %), et c'est le chiffre précis qui compte pour vérifier le seuil réglementaire.
L'étiquette ErP distingue plusieurs applications : chauffage seul, chauffage + eau chaude sanitaire, et pour chacune plusieurs températures de départ (35 °C, 55 °C, voire 65 °C). Une même pompe à chaleur affiche donc plusieurs ETAS sur sa fiche technique, selon l'usage. Vous devez lire celui qui correspond à votre installation : ETAS à 35 °C si vous installez un plancher chauffant seul, ETAS à 55 °C si vous conservez des radiateurs ou produisez l'ECS.
Lire la valeur d'ETAS selon l'application (35 °C ou 55 °C)
Sur une fiche technique, l'ETAS est souvent présenté sous forme de tableau ou de ligne d'étiquette ErP, avec plusieurs colonnes : température de départ (35 °C, 45 °C, 55 °C), climat (froid, moyen, chaud), et ETAS correspondant. Pour l'Isère, retenez le climat moyen. Pour savoir quelle température de départ regarder, posez-vous la question : quel est l'émetteur le plus exigeant de mon installation ? Si vous avez un plancher chauffant au rez-de-chaussée et deux radiateurs à l'étage, la machine devra chauffer à 45 ou 55 °C pour les radiateurs : vous êtes en moyenne température, lisez l'ETAS à 55 °C.
Certaines fiches techniques donnent directement l'ETAS par application : « ETAS basse température : 145 % », « ETAS moyenne température : 135 % ». D'autres donnent seulement le SCOP, et vous devez calculer l'ETAS vous-même en divisant par 2,5 puis en multipliant par 100. Si une fiche affiche « SCOP = 3,8 à 55 °C », l'ETAS est 3,8 ÷ 2,5 × 100 = 152 %. Ce calcul simple vous permet de vérifier qu'une machine respecte bien le seuil de 111 % ou de 126 % selon votre application.
Vérifier le SCOP pour la zone climatique moyenne (Strasbourg)
Comme expliqué plus haut, le SCOP varie selon la zone climatique. Certains fabricants publient trois valeurs de SCOP (Helsinki, Strasbourg, Athènes), d'autres ne publient que celle de Strasbourg. Pour l'Isère, c'est cette dernière qui vous intéresse. Si un installateur vous présente un SCOP calculé pour Athènes (climat chaud), la valeur sera artificiellement élevée : une machine qui affiche un SCOP de 4,6 à Athènes peut n'afficher que 4,0 à Strasbourg. Demandez toujours la fiche technique complète, et vérifiez que le SCOP cité correspond bien au climat moyen européen. C'est ce chiffre qui sert au calcul de l'ETAS retenu pour les aides.
Pour comparer deux devis, assurez-vous que les deux machines sont évaluées dans les mêmes conditions : même zone climatique, même température de départ, même application (chauffage seul ou chauffage + ECS). Sans cela, vous comparez des pommes et des poires. Un installateur sérieux vous remet la fiche technique du fabricant avec le devis, et il indique clairement quel ETAS il retient pour vérifier l'éligibilité aux aides.
Les seuils d'ETAS qui conditionnent vos aides en 2026 et comment les vérifier
Seuil de 126 % pour une PAC basse température (plancher ou plafond chauffant seul)
Si votre projet consiste à installer une pompe à chaleur air-eau pour alimenter uniquement un plancher chauffant, un plafond chauffant ou un mur chauffant, vous êtes en application basse température. La fiche CEE BAR-TH-171 version A78.4, applicable depuis le 1er janvier 2026, exige dans ce cas un ETAS supérieur ou égal à 126 %. Cela correspond à un SCOP d'au moins 3,15 (126 ÷ 100 × 2,5 = 3,15). Sur le devis, vérifiez que la fiche technique de la machine affiche bien un ETAS ≥ 126 % à 35 °C (ou à la température de départ prévue pour votre plancher, généralement entre 30 et 40 °C).
Ce seuil de 126 % est plus exigeant que celui de la moyenne température, car une installation basse température offre les meilleures conditions de performance pour la PAC. Le régulateur pilote la machine pour maintenir une eau de départ basse, ce qui maximise le COP instantané à tout moment. Si vous envisagez un plancher chauffant neuf, assurez-vous que la machine proposée atteint bien ce seuil : une PAC qui affiche 120 % d'ETAS à 35 °C ne déclenchera ni MaPrimeRénov', ni les CEE, même si elle affiche un COP commercial de 5 à +7 °C.
Seuil de 111 % pour une PAC moyenne ou haute température (radiateurs, émetteurs mixtes, ECS)
Si vous conservez des radiateurs en fonte ou en acier, si vous combinez un plancher chauffant avec des radiateurs, ou si la pompe à chaleur produit aussi l'eau chaude sanitaire, vous êtes en application moyenne ou haute température. Le seuil d'ETAS descend alors à 111 %, ce qui correspond à un SCOP d'au moins 2,78 (111 ÷ 100 × 2,5 = 2,78). Sur le devis, vérifiez que la fiche technique affiche un ETAS ≥ 111 % à 55 °C, température de départ courante pour des radiateurs dimensionnés initialement pour du 70 ou 80 °C.
La production d'eau chaude sanitaire classe automatiquement l'installation en moyenne température, car le ballon doit être maintenu à 50-55 °C pour des raisons sanitaires (lutte contre la légionellose). Même si votre chauffage se fait intégralement par plancher chauffant, dès que la PAC assure aussi l'ECS, le seuil applicable est 111 %, pas 126 %. Ce point est souvent mal compris : on croit que « plancher chauffant = basse température », mais si la machine produit l'ECS, on bascule en moyenne température.
La note de dimensionnement et le régulateur classe IV minimum
La fiche BAR-TH-171 n'exige pas seulement un seuil d'ETAS. Elle impose aussi la fourniture d'une note de dimensionnement, établie par le professionnel, qui détermine la puissance thermique nécessaire pour couvrir les déperditions du logement à la température de base locale. Pour La Tour-du-Pin, cette température de base est négative (environ -8 °C) : la note de dimensionnement doit montrer que la PAC couvre 100 % des besoins à cette température, ou qu'un appoint est prévu si la puissance de la PAC ne suffit pas. Sans cette note, le dossier CEE est refusé, même si la machine affiche un ETAS conforme.
La fiche exige aussi un régulateur de classe IV minimum (norme EN 15500), c'est-à-dire une régulation par sonde extérieure qui adapte la température de départ de l'eau en fonction de la température extérieure (loi d'eau). Les classes V à VIII, plus évoluées (régulation pièce par pièce, optimisation prédictive), sont également conformes. Ce régulateur garantit que la PAC fonctionne toujours à la température de départ la plus basse possible, ce qui maximise son rendement réel. Un devis qui ne mentionne ni la note de dimensionnement, ni la classe du régulateur, doit vous alerter : l'installateur connaît-il les critères d'éligibilité 2026 ?
Ce que nous vérifions sur le terrain avant de valider une pompe à chaleur
Contrôle de l'ETAS selon le type d'émetteur installé chez vous
Avant de vous proposer un modèle de pompe à chaleur, nous effectuons une visite technique pour relever le type d'émetteurs existants : radiateurs en fonte, acier, plancher chauffant, radiateurs basse température. Ce relevé détermine l'application (basse ou moyenne/haute température) et donc le seuil d'ETAS à respecter. Sur ce type de maison, on rencontre souvent des radiateurs en fonte dimensionnés pour du fioul à 70 °C. Avec une PAC, on abaisse la température de départ à 50-55 °C, ce qui suffit si les déperditions ont été correctement calculées et si les radiateurs sont de taille suffisante. Dans ce cas de figure, la contrainte est de vérifier que la PAC atteint bien 111 % d'ETAS à 55 °C, et que sa puissance couvre les déperditions à la température de base de La Tour-du-Pin.
Nous croisons systématiquement l'ETAS annoncé sur la fiche technique avec le type d'émetteur relevé sur place. Si vous avez un plancher chauffant au salon et des radiateurs à l'étage, nous retenons l'application moyenne température (seuil 111 %), car la machine devra chauffer à 45-50 °C pour les radiateurs. Si vous installez un plancher neuf dans toute la maison et que la PAC ne produit pas l'ECS (vous conservez un chauffe-eau électrique indépendant, par exemple), nous retenons l'application basse température (seuil 126 %). Ce point conditionne le choix du modèle : une PAC optimisée pour la basse température atteint facilement 140-150 % d'ETAS à 35 °C, mais peut descendre sous 111 % à 55 °C si on lui demande de chauffer des radiateurs haute température.
Dimensionnement à la température de base de La Tour-du-Pin
La Tour-du-Pin, située dans la vallée de la Bourbre aux portes des Terres Froides, connaît des hivers plus marqués que la vallée du Rhône. La température de base retenue pour le calcul des déperditions y est d'environ -8 °C. Nous calculons les déperditions pièce par pièce, selon la méthode réglementaire, pour déterminer la puissance thermique nécessaire à cette température. Si cette puissance est de 9 kW, nous proposons une PAC capable de délivrer au moins 9 kW à -7 °C (température normalisée la plus proche), en tenant compte de la chute de puissance de la machine par grand froid. Une PAC sous-dimensionnée oblige les résistances électriques d'appoint à fonctionner souvent, ce qui ruine le rendement global et annule l'économie attendue.
Ce dimensionnement figure dans la note de dimensionnement exigée par la fiche CEE, et nous la remettons systématiquement avec le devis. Sans ce document, vous ne pouvez ni vérifier la cohérence du modèle proposé, ni constituer votre dossier d'aides. Un client qui compare deux devis uniquement sur le prix et le COP commercial risque de choisir une machine sous-dimensionnée, non éligible aux aides, ou surdimensionnée sans raison. La vérification croisée de l'ETAS, de la puissance, et du type d'émetteur est le seul moyen de s'assurer que la machine proposée correspond vraiment à votre installation.
Pourquoi nous écartons les machines qui affichent seulement un COP commercial
Certains devis reçus par nos clients mettent en avant un COP de 5,1 ou 5,5, sans jamais mentionner l'ETAS ni préciser à quelle température ce COP a été mesuré. Ce chiffre commercial valorise la machine dans les meilleures conditions, mais il ne garantit rien sur la performance réelle en hiver, ni sur l'éligibilité aux aides. Nous écartons systématiquement les fabricants qui ne publient pas de fiche technique complète avec l'ETAS à 35 °C et à 55 °C, le SCOP en climat moyen, et l'étiquette ErP conforme au règlement 813/2013. Une machine qui affiche un COP de 5,2 à +7 °C peut très bien avoir un ETAS de 105 % à 55 °C, ce qui la rend non éligible au seuil de 111 %.
Un spécialiste pompe à chaleur en Isère sérieux vous remet la fiche technique avec le devis, et il indique clairement quel ETAS il retient pour déclencher vos aides. Si cette information manque, ou si le seul chiffre mis en avant est le COP, demandez la fiche technique complète avant de signer. Vous pouvez aussi consulter notre article 8 points à vérifier avant de signer un devis de pompe à chaleur, qui détaille les mentions obligatoires et les pièges à éviter.
Comparer deux devis de pompe à chaleur : la check-list des bons réflexes
Vérifier l'ETAS, pas le COP commercial
Le premier réflexe est de repérer l'ETAS sur chaque devis. Si le devis ne le mentionne pas, demandez la fiche technique du fabricant et lisez vous-même la valeur correspondant à votre application (35 °C pour un plancher seul, 55 °C pour des radiateurs ou de l'ECS). Le COP commercial peut figurer sur la plaquette, mais ne vous y fiez pas pour comparer deux machines : il ne reflète qu'un point de fonctionnement favorable, et il ne conditionne aucune aide. Deux PAC qui affichent le même COP de 4,8 peuvent avoir des ETAS de 150 % et 120 %, et seule la première déclenchera MaPrimeRénov' et les CEE si vous êtes en basse température.
Si les deux devis affichent un ETAS conforme (≥ 126 % ou ≥ 111 % selon votre application), comparez ensuite le prix, la marque, la garantie, et les services associés (entretien, dépannage, suivi). L'ETAS est la condition d'entrée, pas le seul critère. Mais sans ETAS conforme, le reste du devis ne sert à rien : vous ne toucherez aucune aide, et vous paierez le surcoût de la PAC sur vos seules économies d'énergie, ce qui rallonge considérablement le retour sur investissement.
S'assurer que l'ETAS correspond bien au type d'émetteurs prévus
Le deuxième réflexe est de vérifier la cohérence entre l'ETAS retenu et le type d'émetteurs décrits dans le devis. Si le devis prévoit de conserver vos radiateurs fonte et qu'il mentionne un ETAS de 145 % à 35 °C, il y a un problème : cet ETAS correspond à une application basse température, alors que des radiateurs relèvent de la moyenne ou haute température. L'installateur a peut-être recopié la mauvaise ligne de la fiche technique. Demandez l'ETAS à 55 °C : s'il descend sous 111 %, la machine n'est pas éligible pour votre installation.
Inversement, si vous installez un plancher chauffant neuf dans toute la maison, sans production d'ECS par la PAC, et que le devis mentionne un ETAS de 115 % à 55 °C, vous êtes en basse température : le seuil applicable est 126 %, pas 111 %. Demandez l'ETAS à 35 °C. Si la machine ne l'atteint pas, elle ne déclenchera pas les aides, malgré son COP commercial élevé. Cette vérification croisée entre émetteur, température de départ et ETAS est simple, mais elle évite des erreurs qui vous coûteraient plusieurs milliers d'euros d'aides perdues.
Demander la fiche technique complète et la note de dimensionnement
Le troisième réflexe est d'exiger deux documents avec le devis : la fiche technique complète du fabricant, qui indique le SCOP, l'ETAS à 35 °C et à 55 °C, l'étiquette ErP, et les performances à différentes températures extérieures ; et la note de dimensionnement, qui détaille le calcul des déperditions, la puissance nécessaire à la température de base, et la puissance de la PAC retenue. Ces deux documents conditionnent la recevabilité de votre dossier de prime CEE : sans eux, l'obligé CEE peut refuser le dossier, même si les travaux sont terminés.
Un installateur qualifié RGE les remet systématiquement avec le devis, ou dans les jours qui suivent la visite technique. Si l'installateur refuse, ou s'il vous dit que « ce n'est pas nécessaire », méfiez-vous : soit il ne connaît pas les critères 2026, soit il propose une machine non conforme qu'il préfère ne pas documenter. Vous pouvez demander un devis gratuit à un autre professionnel pour comparer, en précisant bien que vous avez besoin de ces documents pour monter votre dossier d'aides. Un devis complet, documenté, avec ETAS vérifié et note de dimensionnement, est le seul gage que la machine proposée déclenche vos droits et couvre vos besoins réels.

